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C'est la période de l'alimentation lactée exclusive, jusqu'à la diversification alimentaire. Le début de la diversification ne doit jamais se situer avant 4 mois et si possible pas au-delà de 6 mois. Le lait maternel reste le meilleur choix pour l'alimentation du nourrisson ; il couvre à lui seul les besoins nutritionnels de l'enfant jusqu'à 6 mois et peut ensuite représenter l'apport lacté de la diversification.
Les laits infantiles seront utilisés en l'absence d'allaitement maternel ou en complément de celui-ci. Leur terminologie a évolué :
? de la naissance jusqu'à 4 à 6 mois : laits 1er âge = laits ou préparations pour nourrissons ;
? de 4 à 6 mois jusqu'à 12 mois : laits 2e âge = laits ou préparations de suite ;
? de 10 à 12 mois jusqu'à 3 ans : laits de croissance = préparations pour enfant en bas âge.
Allaitement maternel ou 6 biberons composés de 90 ml d'eau faiblement minéralisée + 3 mesures arasées de lait 1er âge ou 6 biberons de 120 ml d'eau faiblement minéralisée + 4 mesures arasées de lait 1er âge.
Allaitement maternel ou 6 biberons de 120 ml d'eau faiblement minéralisée + 4 mesures arasées de lait 1er âge ou 5 biberons de 150 ml d'eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge.
Allaitement maternel ou 5 biberons de 150 ml d'eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge.
Allaitement maternel ou 5 biberons de 150 ml d'eau faiblement minéralisée + 5 mesures arasées de lait 1er âge ou 4 biberons de 180 ml d'eau faiblement minéralisée + 6 mesures arasées de lait 1er âge.
En ce qui concerne l'alimentation lactée exclusive par du lait 1er âge, la quantité de lait quotidienne peut être guidée par la règle d'Appert (1/10 du poids + 200 à 250), en sachant que les apports énergétiques recommandés sont de 90 kcal kg1 j1. Le volume proposé pour chaque biberon peut être adapté en plus ou en moins selon l'appétit de l'enfant, en restant dans des limites raisonnables (30 ml d'eau + 1 mesure de lait) et en tenant compte de la variabilité de l'appétit de l'enfant d'un repas à l'autre et d'un jour à l'autre.
Ne jamais forcer l'enfant à terminer son biberon.
L'enfant doit évacuer sous forme de rots l'air dégluti au cours de la tétée, lors de pauses pendant la tétée et après celle-ci. La durée d'une tétée est variable, tout en évitant de dépasser 45 min.
Laisser environ 3 h entre chaque biberon, tout en respectant le rythme du bébé : il ne faut pas être trop strict dans les horaires des repas et essayer autant que possible de ne pas réveiller l'enfant.
Proposer uniquement de l'eau faiblement minéralisée (sans sucre) entre les biberons, si l'enfant le réclame. S'il refuse l'eau, ce n'est pas parce qu'il n'aime pas l'eau, mais parce qu'il n'en a pas besoin à ce moment-là.
Ne pas donner de jus de fruits avant l'âge de 6 mois et éviter les farines avant l'âge de 4 mois.
C'est la période de l'alimentation lactée exclusive, jusqu'à la diversification alimentaire. Le début de la diversification ne doit jamais se situer avant 4 mois et si possible pas au-delà de 6 mois. Le lait maternel reste le meilleur choix pour l'alimentation du nourrisson ; il couvre à lui seul les besoins nutritionnels de l'enfant jusqu'à 6 mois et peut ensuite représenter l'apport lacté de la diversification.
L'introduction d'aliments autres que le lait ne doit pas débuter avant l'âge de 6 mois et se faire de façon très progressive. L'excès ponctuel d'un aliment pourrait favoriser la sensibilisation à cet aliment. La consommation fréquente d'un aliment nuit à la diversité alimentaire sans que le risque allergique semble aggravé. En revanche, il est conseillé de n'introduire qu'un nouvel aliment à la fois, pour interpréter plus facilement toute réaction éventuelle.
Allaitement maternel ou 4 biberons de 210 ml d'eau faiblement minéralisée + 7 mesures arasées de lait 2e âge (ou 5 biberons de 180 ml d'eau + 6 mesures arasées de lait 2e âge). Le volume proposé pour chaque biberon peut être adapté en plus ou en moins selon l'appétit de l'enfant, en restant dans des limites raisonnables (30 ml d'eau + 1 mesure de lait).
à midi, il est possible de commencer progressivement les légumes. Faire cuire une soupe de légumes (sans ajouter de sel) et remplacer l'eau de l'un des biberons de lait (habituellement celui de midi) par le bouillon de légumes (210 g de bouillon + 7 mesures de lait). Les jours suivants, ajouter progressivement les légumes mixés, en diminuant légèrement la quantité de poudre de lait, afin d'arriver au bout de 2 semaines à un biberon de soupe épaisse ne contenant plus que 5 mesures de lait.
Il est aussi possible d'ajouter un peu de légumes d'un « petit pot » dans l'un des biberons de lait (habituellement celui de midi), un peu plus chaque jour, en diminuant légèrement la quantité de poudre de lait, afin d'arriver au bout de 2 semaines à un biberon de soupe épaisse ne contenant plus que 5 mesures de lait (150 ml d'eau + 5 mesures de lait + 1 petit pot de légumes de 130 g).
Enfin, il est possible de débuter progressivement les légumes directement à la cuillère en complément du biberon de lait ou de la tétée.
Lorsque la soupe devient épaisse, il faut utiliser une tétine 2e âge ou agrandir la fente d'une tétine 1er âge.
La pomme de terre en petite quantité peut servir de liant. Il est préférable de proposer un seul légume « vert » par jour (en plus des pommes de terre) afin que l'enfant apprenne le goût particulier de chaque légume.
Parmi les légumes « verts » il est possible d'utiliser : carottes, haricots verts, épinards, courgettes (épépinées et sans peau), poireaux (blanc), potirons. Les bettes et les endives peuvent être utilisées en quantité limitée, sous forme de légumes jeunes pour limiter l'apport de fibres. Les petits pois peuvent être utilisés seulement s'ils sont extrafins et en faible quantité.
éviter les légumes « à goût fort » ou à risque allergique marqué ou trop riches en fibres : choux, raves, navets, oignons, poireaux (vert), céleris, petits pois, tomates, salsifis, cardons, artichauts, poivrons, aubergines, persil.
Il est possible d'utiliser des légumes surgelés dont la qualité est au moins égale à celle des « produits frais » de la grande distribution.
Les légumes du potager familial restent une bonne solution, à condition que leur culture soit réalisée en limitant l'usage des pesticides et des engrais utilisés en culture domestique et que leur durée de conservation soit limitée.
à midi ou en complément du biberon de l'après-midi, 15 j environ après le début des légumes, il est possible de commencer les compotes de fruits « maison » en utilisant des fruits bien mûrs, cuits et mixés, sans sucre ajouté si possible ou les « petits pots » de fruits (si on commence les fruits en même temps que les légumes, l'enfant risque de préférer le goût sucré et de refuser les légumes).
L'introduction de certains fruits, comme le kiwi, parfois responsables de réactions allergiques, peut être reportée au-delà de l'âge de 1 an. Il est préférable de proposer un seul fruit par jour afin que l'enfant apprenne le goût particulier de chaque fruit.
Il est possible d'ajouter 2 cuillères à café de farine 1er âge sans gluten dans le biberon du soir.
Il est nécessaire de respecter les goûts et l'appétit de l'enfant.
Remplacer le lait 2e âge par du lait « croissance ». Il est conseillé d'utiliser ce type de lait jusqu'à 3 ans. Une quantité quotidienne de 500 ml de lait est souhaitable. Il est cependant préférable de ne pas dépasser 800 ml/j de lait + équivalents pour limiter l'excès d'apport de protéines.
Limiter les protéines (autres que celles du lait et des laitages) : ne pas dépasser 30 g de viande + poisson + oeuf, par jour.
éviter les fritures. Ajouter des matières grasses végétales, crues de préférence, mais aussi du beurre en petite quantité.
Tous les légumes peuvent être utilisés en dehors des légumes secs non mixés (après 18 mois). Tous les fruits peuvent être utilisés.
Proposer des sucres complexes (céréales ou féculents) à chaque repas.
éviter le « grignotage » entre les repas.
Ne proposer que de l'eau pure comme boisson.
Limiter le sucre et les sucreries, le sirop et les sodas.
Vers l'âge de 2 ans, les besoins alimentaires diminuent et l'appétit peut devenir capricieux : c'est la période d'opposition. Il est important de maintenir la règle des 4 repas, sans forcer.
Entre 1 an et 3 ans il faut favoriser la découverte de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs, de nouvelles textures...
Après 3 ans peut commencer la néophobie (peur de goûter des aliments nouveaux).
La définition du risque allergique est discutée. Habituellement, on considère comme enfants à risque allergique les enfants dont les parents et/ou la fratrie présentent des manifestations allergiques prouvées. Chez ces enfants, un régime préventif visant à réduire la survenue de manifestations allergiques alimentaires est envisageable. Chez les enfants allergiques avérés, présentant un eczéma ou des manifestations respiratoires bronchospastiques répétées, le régime doit tenir compte d'allergies alimentaires éventuelles prouvées, mais aussi tenter de prévenir la survenue d'allergies sévères comme l'allergie à l'arachide.
L'allaitement maternel prolongé doit être privilégié. La suppression des aliments réputés très allergisants chez la mère pendant cette période d'allaitement est possible et concerne alors l'arachide, l'oeuf, éventuellement les fruits oléagineux. Le lait n'est supprimé de l'alimentation de la mère, sous surveillance diététique étroite, que lorsqu'il existe des antécédents familiaux d'allergie sévère au lait. Si l'enfant n'est pas allaité par sa mère et lors du sevrage, on peut discuter l'utilisation d'un lait hypoallergénique (HA) ou d'un hydrolysat poussé de protéines. L'utilisation des préparations de « soja » n'est pas recommandée. Le soja peut lui-même être responsable d'allergies. L'intérêt des laits enrichis en probiotiques est à l'étude.
Document réalisé par David Guyonnet (diététicien - CHRU Lille)
Dernière modification : 1/06/2010