Les graisses n'ont plus si mauvaises presse

Le 27 mai dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé à estimé à 17,7 millions le nombre de décès imputables aux maladies cardio-vasculaires, soit 31% de la mortalité mondiale totale. Parmi les facteurs de risques cardiovasculaires, le tabagisme, la mauvaise alimentation, l'obésité, la sédentarité et l'utilisation nocive de l’alcool.
Pendant plus d'une quarantaine d'année, d'un point de vue diététique, les graisses ont été les plus critiqués sur des arguments plus ou moins étayés par des données scientifiques.

Le sucre dédouané... à tort

Qui du gras ou du sucre est le plus à blâmer dans l'explosion mondiale du nombre de décès liés aux maladies cardiovasculaires? Cette controverse scientifique, toujours d'actualité, ne date pourtant pas d'hier: dès les années 1950, des scientifiques ont étudié l'influence de l'alimentation dans ces maladies. Mais alors que les résultats mettant en cause le sucre s'accumulaient, les industriels de ce secteur ont décidé, à partir de 1965, de rémunérer des scientifiques reconnus, afin que ceux-ci innocentent le sucre, au détriment du gras. Les détails de cette affaire, dont les effets se font encore ressentir aujourd'hui, ont été publiés lundi dernier dans la revue scientifique JAMA Internal Medicine.

Graisses et sucres sont donc tous les deux à surveiller.

La preuve irréfutable en médecine et en nutrition, n’existe que peu.

Ne vous étonnez donc pas, si votre médecin ou votre diététicien ont un discours qui évolue dans le temps. Régime hypo ou hyper-glucidique, réduire sa consommation en graisses saturées ou augmenter sa consommation en viande... plusieurs études de différentes nationalités trouvent des résultats qui peuvent vous perturber et se contre dire avec des préceptes nutritionnels évoqués depuis plusieurs années. Attention aux études, toutes ne sont pas faites sur les mêmes critères et certaines peuvent être commandés par des parties prenantes afin d'avoir un effet médiatique.

Les recommandations actuelles

D'un point de vue alimentaire :
- Intérêts des fibres
- Intérêts des légumes secs et fruits oléagineux
- Intérêts des huiles riche en acides gras mono-insaturés (olive, colza) et poly-insaturés (colza,...)
- Intérêt de réduire ses apports énergétiques journaliers

- inconvénients : les boissons sucrées, l'alcool, les produits transformés et ultra-transformés, les charcuteries (consommés trop régulièrement et/ou en excès), le sel, l'excès de graisses (animales ou végétales)

D'un point de vue activité physique (AP) :
- Réaliser une AP d'intensité modérée d'endurance d'au moins 150 à 300 minutes par semaine ou environ 30 minutes par jour, 5 jours sur 7 avec une pause de 2 jours
- Réaliser une activité de renforcement musculaire 1 à 2 fois par semaine
- Réaliser des étirements 2 à 3 fois par semaine après les échauffements

Pour aller plus loin :
1/ Nutrition in cardiovascular prevention: should we change our approach after the PURE study? G Ital Cardiol (Rome). 2018 Mar;19(3):148-152.
2/ Reduction in saturated fat intake for cardiovascular disease. Hooper L, Martin N, Abdelhamid A, Davey Smith G. Cochrane Database Syst Rev. 2015 Jun 10;(6):CD011737.
3/ Legume consumption is inversely associated with type 2 diabetes incidence in adults: A prospective assessment from the PREDIMED study. Becerra-Tomás N, et Al. J; PREDIMED Study Investigators. Clin Nutr. 2018 Jun;37(3):906-913
4/ Considerations to facilitate a US study that replicates PREDIMED. Jacobs DR Jr, Petersen KS, Svendsen K, Ros E, Sloan CB, Steffen LM, Tapsell LC, Kris-Etherton PM. Metabolism. 2018 Aug;85:361-367.
5/ Greater decreases in cholesterol levels among individuals with high cardiovascular risk than among the general population: the northern Sweden MONICA study 1994 to 2014. Eriksson M, Forslund AS, Jansson JH, Söderberg S, Wennberg M, Eliasson M. Eur Heart J. 2016 Jul 1;37(25):1985-92.
6/ Antihypertensive adherence and outcomes among community-dwelling Medicare beneficiaries: the Atherosclerosis Risk in Communities Study. Federspiel JJ, Sueta CA, Kucharska- Newton AM, Beyhaghi H, Zhou L, Virani SS, Rodgers JE, Chang PP, Stearns SC. J Eval Clin Pract. 2018 Feb;24(1):48-55.3


Autres articles

  • Boissons énergisantes : face aux risques avérés, une réglementation s’impose

    Lire l'article

  • Boissons énergisantes: l'ANSES identifie les risques associés aux boissons énergisantes

    Lire l'article

  • L’ostéoporose, un mal qui frappe au cœur des os

    Lire l'article

  • Remplacer le soda par du lait, du café ou du thé diminuerait le risque d’accident vasculaire cérébral

    Lire l'article

  • Le fromage jouerait un rôle important dans le fameux french paradox

    Lire l'article

  • Avis scientifique sur l'apport maximal tolérable en vitamine D

    Lire l'article